Guillaume Prébois - Publicité
Guillaume Prébois, le journaliste cycliste de l'Autre Tour (ou le Tour de France à l'eau claire)
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Pierre Vandenbulcke – Belgique – 7 juin 2008 - Allez Guillaume, plus que deux ! - Franck Lechapelays – France – 2 juin 2008 - Chapeau Guillaume, tu nous prouve par tes défis que le cyclisme pro n’est pas encore mort, même si, en ce moment, les fans comme moi sont vraiment triste de la tournure que prend ce sport. Courage et à bientôt. - Marius Vitello – France – 1er juin 2008 - Bonjour Guillaume, j’ai pris beaucoup de plaisir à vous suivre sur l’Autre Giro.Chaque jour apportait son petit lot de dépaysement. Nous partageons la même image du vélo, un sport noble, une école de la vie, malheureusement salie par des rapaces avides d’honneur et d’argent.
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Le défi 2009 enfin révélé !

par Guillaume, le 08.07.2009

Paris, octobre 2008.

Les notes enlevées du concerto pour piano n°5 de Beethoven s’échappent d’une fenêtre entrouverte. Les voitures bouchonnent sur le quai de la Mégisserie. Je regarde un perroquet tropical aux plumes bariolées à travers la vitrine d’une animalerie. Son œil scrute le mien. Cet oiseau symbolise parfaitement notre désir d’exotisme sans effort, le dépaysement à contempler dans une cage. Parfois, un infinitif sublime réveille nos sens : voyager. J’y songeais en traversant le pont au Change. Sur la Rive Gauche, je m’arrête devant l’étal d’un bouquiniste, en train d’allumer sa pipe à l’abri du vent. « Tu cherches quoi ? », me lance-t-il. « L’évasion ». Il fouille dans une pile de livres et en extrait un ouvrage de poche. Couverture rouge délavée, illustrations à l’encre de chine. Je souffle dessus ; une poussière dorée s’envole au-dessus de la Seine couleur acier. Le Tour du Monde en 80 jours, de Jules Verne. « Relis-le », me dit le vieux avant de me tourner le dos. Mon pouls accélère. Le sang frappe mes veines comme un tambour. Je viens d’imaginer une délicieuse utopie : partir sur les traces du flegmatique Phileas Fogg et de son valet Jean Passepartout. 137 ans après. A…bicyclette ! Croquer les méridiens à coups de pédale. Explorer les routes de leur périple légendaire, né d’un pari au Reform Club de Londres, pendant une partie de whist entre gentlemen. Fogg utilisa le train, les paquebots et même un éléphant pour relever le défi. Je n’aurai que mon vélo et les avions pour franchir les océans. Toutefois, tout cela est-il vraiment possible ? Mon ami Francis Poupel, ingénieur dans un ministère, cycliste passionné, d’une précision à rendre jaloux un horloger suisse, s’est aussitôt penché sur l’audacieuse hypothèse. « J’ai fait les comptes : tu peux t’en tirer avec un total de 13 500 kilomètres. Deux cents par jour, un transfert maritime et quatre aériens ». Un voyage long comme deux fois le Nil ou quatre Tours de France mis bout à bout. J’ai répondu, d’instinct : « On tente le coup ! » Francis a, dès lors, passé tous ses week-ends enfermé dans un bureau, le nez sur des cartes routières internationales. Il a tracé, gommé puis redessiné notre parcours calqué sur celui de Phileas Fogg, à l’exception du point de départ, fixé à Paris.

J’ai trouvé deux compagnons d’aventure. Christophe, 27 ans, professeur et éleveur attentionné de canaris. Il conduira le camping-car et se chargera aussi des photos. Depuis que je l’ai vu grimper à mains nues entre deux rangées de maisons dans une ruelle étroite de Venise, il s’est adjugé le surnom de Chris-Passepartout. Bruno, 48 ans, alias Archi, est architecte dans le Haut Var. Il passe des nuits à étudier les plans du temple construit par le roi Salomon à Jérusalem. D’un recoin de cuisine, il est aussi capable de vous préparer des écrevisses sautées à l’armagnac. Restait l’entraînement. Je me suis préparé en sillonnant la Provence en long et en large. Quinze mille kilomètres en six mois, quatre fois le diamètre de la lune. Aujourd’hui, je regarde ma Petite Reine qui piaffe d’impatience. La selle est italienne, les boyaux allemands, le cadre canadien, les roues américaines : elle est déjà un petit monde à elle toute seule. Ma valise est minimaliste. Un chapeau de la reine d’Angleterre n’y tiendrait pas. Ce sera une aventure sans chichis, qui sentira la sueur, la boue, la mousson, les épices, le barbecue et la lessive au savon de Marseille. Un mécanicien ? Un masseur ? Non, ce sont des luxes que je laisse aux coureurs du Tour qui se déplacent dans des bus climatisés équipés de machines à café italiennes. Notre voyage nous propulse dans l’inconnu. Une belle phrase de Pierre-Georges Latécoère, grand nom de l’Aéropostale, lui colle parfaitement : « J’ai refait tous mes calculs. Notre idée est irréalisable ! Il ne nous reste plus qu’une chose à faire, la réaliser ! » Le mercredi 8 juillet notre rotation a commencé. A partir du lundi 13 juillet, vous retrouverez tous les jours le carnet de bord de cette grande aventure. A nous deux Phileas Fogg !

Guillaume Prébois www.guillaumeprebois.com

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CV

Guillaume Prébois, 37 ans, écrivain- journaliste Passion : cyclisme, 25 000 km/an

Voyages à vélo : le Danube de la Forêt Noire à la Mer Noire, 3500 km (2004). Le tour de la péninsule italienne en longeant la mer, de Vintimille à Trieste, 3000 km (2005). L’Italie du Nord au Sud, du Piémont à la Sicile, 3000 km (2006). Le Tour de France, 24h avant les professionnels en duo avec Fabio Biasiolo, contrôlé par l’agence française de lutte contre le dopage (2007), les 3 Grands Tours : Giro+Tour+Vuelta, en solitaire, un jour avant les professionnels, 11 500 km à 30,4 km/h de moyenne, avec contrôles antidopage de l’Union Cycliste Internationale (2008)

Livres : Il mio Danubio (en italien, 2004), L’Autre Tour ou le Tour à l’eau claire (2007), Brouillard sur l’Angliru, journal de bord des 3 Grands Tours (2008), disponibles uniquement sur www.guillaumeprebois.com

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Guillaume Prebois