SEMAINE INTENSE EN TOSCANE

Depuis 2007, j’ai l’habitude, à la mi-janvier, de venir rouler en Versilia, la côte toscane qui prolonge la Ligurie. On y trouve des dizaines de kilomètres de plages de sable et les carrières de marbre les plus célèbres au monde. Température idéale, pelotons de coureurs déjà affûtés, cette semaine d’entraînement est devenue un rituel qui me permet de comprendre où j’en suis réellement dans ma préparation. Je ne connais aucun autre endroit sur la planète avec une telle concentration de cyclistes.
Il suffit de regarder l’enchevêtrement de vélos quand on décide de faire une pause-café à la fin de l’entraînement !

Du lundi au dimanche, des dizaines de pelotons (parfois de 100 coureurs !) se croisent sur les routes et se défient sur les pentes exigeantes de l’arrière-pays. On trouve tout : du plat, des bosses, des cols. Les plus célèbres professionnels de la région sont Alessandro Petacchi (Lampre-ISD, maillot vert du dernier Tour de France) et le sprinter Francesco Chicchi (Omega-Pharma, champion du monde U23 à Zolder en 2002). Le point de rendez-vous quotidien se trouve sur le bord de mer. Les groupes de niveau se forment. Il y a toujours des coureurs qui font 3, 4 voire 6 heures. On ne pédale jamais seul. Cette année, Petacchi était déjà parti pour l’Australie où il disputera le Tour Down Under mais on m’a raconté d’épiques entraînements en décembre avec ses équipiers, deux par deux, à 44 km/h, pendant 150 bornes. Il devrait être en condition dès l’ouverture de la saison.
J’ai eu le plaisir de rouler avec Francesco Chicchi (voir photo d’ouverture), enveloppé dans son tout nouveau maillot Omega Pharma - Quick Step. Ce garçon dégage toujours une bonne humeur communicative. Il m’a confié que durant le récent stage de préparation de son équipe à Calpe (Espagne), il a trouvé Tom Boonen et Sylvain Chavanel dans une forme déjà très avancée.
Il semble aussi pleinement satisfait du changement de marque de cycles de sa formation, désormais sponsorisée par Specialized (qui a remplacé les vélos Merckx) : "J’ai fait un test au sprint : à vitesse et fréquence de pédalage identiques, j’économise 180 watts avec le cadre S-Works ; dans un sprint cela signifie potentiellement 3-4 km/h en plus... une différence de rendement incroyable." Il roule avec des Zipp 101 à pneus à l’entraînement mais il liquide la question ainsi : "Elles ne sont pas si mal, disons qu’elles tiennent le coup."
Chaque jour, les différents groupes sillonnent la région. Généralement, en plaine, on ne descend pas sous les 35 km/h avec les pros et les bons amateurs. Dans les ascensions, le groupe s’effiloche petit à petit à un rythme effréné. Au sommet, les premiers attendent les autres. Un bel esprit.
Ma semaine s’achève avec 730 km au compteur, 7000 mètres de dénivelé positif, et de belles parties de manivelles avec mes amis italiens.
QUELQUES PHOTOS DE TOSCANE...

La vue vers Aulla au sommet de l’ascension de Canepari. Des collines et des villages comme suspendus dans une brume mystérieuse

La vue au sommet de la bosse de Capriglia, qui débute à Pietrasanta. Le record (14 minutes pour 6 km), appartient, dit-on, à Mario Cipollini la semaine avant sa victoire à Milan-Sanremo.

L’étrange musée de vieilles motos, au pied de l’ascension de Fosdinovo.

Les splendides montagnes (Alpi Apuane) desquelles sont extraits les blocs de marbre de Carrare.
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Extraits :
"Des trouées déversent une lumière rayonnante sur la lande brune et épineuse. Mon imperméable transparent se gonfle comme un spinnaker. Le vent chuinte, gronde, aboie et m’oblige à pédaler en italique, prêtant le flanc droit aux bourrasques" (Jour 35, Australie)












