
par Guillaume, le 15.10.2007

En juillet 2006, au soir d’une étape pyrénéenne éprouvante, Tom Boonen déclarait : « Aujourd’hui, une personne normale aurait terminé à l’hôpital ». Que voulait-il dire ? Une personne ordinaire ne peut-elle pas terminer le Tour ? Les gens normaux sont ils condamnés à la médiocrité sportive ? Faut-il se « soigner » pour affronter la Grande Boucle ? L’Autre Tour est né pour répondre à ces questions et relever le défi de Tom mais aussi pour comprendre quels sont les conséquences physiologiques de 6 ou 7 heures de vélo par jour sur un parcours aussi exigeant quand un coureur roule à l’eau claire (donc sans adjuvants : ni protéines de synthèse, ni acides aminés, ni vitamine C de laboratoire, ni désintoxiquant, ni substances dopantes : RIEN !). Le Service de Médecine du Sport du CHU de Toulouse, dirigé par le professeur Rivière a organisé le suivi médical 24 heures sur 24. Les données recueillies sur le terrain ont été élaborées par le docteur Dorian Lecamp dans sa thèse de médecine. L’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), grâce à l’intermédiation du professeur Michel Rieu, a effectué huit contrôle antidopage inopinés, dont deux capillaires (tous négatifs) afin d’assurer la transparence de l’opération.
Mon aventure a passionné des milliers de personnes. Nous avons reçu des centaines de mails du monde entier ! De Pologne, des Etats-Unis, du Laos, du Japon, de Suède…Une communauté d’amoureux du sport propre s’est compactée autour de cette initiative courageuse et iconoclaste. La moyenne horaire finale, de 29 km/h, a démontré que nous n’étions pas des cyclotouristes mais des coureurs de bon niveau donc crédibles. Notre performance a en effet été réalisée sur des routes ouvertes à la circulation routière, la veille du passage des pros, sans l’aide d’un peloton. Nous étions deux, face au vent, dans la plaine et dans les cols ! Ceux qui font du vélo savent que l’on souffre plus seul à 30 km/h qu’à 45 km/h calfeutré dans un peloton. Au plan énergétique, nous avons donc fait plus d’efforts que le vainqueur du Tour de France ! Le soir, au lieu de récupérer en m’allongeant sur un lit, j’allumais mon ordinateur pour rédiger les chroniques publiées par Le Monde en France et Le Temps en Suisse avant d’écrire mes interventions pour Radio France Internationale et la Radio Télévision Belge (RTBF). L’Autre Tour a été médiatisé partout en Europe : en France (JT de France 2 et France 3, France 5, France Info, BFM TV, LCI, TPS), en Allemagne (ZDF), en Italie (Radio 2), en Belgique (JT de la Une), en Suisse (TSR et TSI) et même en Russie (NTV) !