41 ANS DE VÉLO (OU PRESQUE)

Tout a commencé ainsi, le 27 mars 1972. Ma mère Françoise me donne le jour près de Paris !
Trois ans plus tard, je suis déjà en selle sur un tricycle en plastique au bord de la piste de Longchamp. Mon père, Jean-Claude, pédale sur un magnifique vélo couleur fuchsia, un Mercier identique à celui de Raymond Poulidor.

A 12 ans, mon père m’offre un vélo de course Gitane, vert métallisé. Avec un casque à boudins, je me mets à tourner autour de l’hippodrome de Longchamp, enivré par la vitesse et la liberté, je ne veux plus m’arrêter. Mais j’aime aussi jouer au football, au rugby, au tennis. Mon choix n’est pas encore fait. Je commence d’ailleurs l’aïkido l’année suivante !

Chaque été, pendant le mois de juillet, j’organise mon propre Tour de France avec dés et petits cyclistes en plastique. Je les peins aux couleurs du peloton. En fond sonore, Europe 1, avec Maryse et Jean Amadou en direct de la ville-départ du "vrai" Tour. Le soir, je fais les classements de ma propre course et je m’amuse déjà à écrire de petits articles sur ma compétition imaginaire...

En 1987, le déclic : la victoire de Jean-François Bernard lors du contre-la-montre sur le Mont Ventoux est une révélation. Je veux remonter sur un vélo. Le 5 mars 1989, me voilà au départ de ma première course FFC avec le VC Asnières (M. Petit, le président, règle ma roue) J’ai porté ce maillot pendant 2 ans en juniors. Remarquez : le vélo est le Mercier de mon père !


Le cyclisme devient une passion dévorante. Les parcours des courses professionnelles me fascinent. Je les collectionne. Personne ne peut me coller sur les difficultés du Tour des Flandres, de Liège-Bastogne-Liège ou de l’Amstel, des classiques sur lesquelles j’ai roulé de nombreuses fois. Ici, sur les pavés du Vieux Quarémont et sur un secteur de Paris-Roubaix l’année du centenaire de l’épreuve.


En vacances chez mes grands-parents, sur la Côte-d’Azur, j’escalade régulièrement le Mont Faron, qui surplombe la rade de Toulon.

Etudiant en économie à l’université, je n’ai le temps de rouler que le mercredi et de courir le dimanche en Ufolep. Je porte alors les couleurs du club de l’AC Marines, club du Val-d’Oise. Je remporte le championnat départemental.

Ici, après 230 km pluvieux sur la Bernard Hinault : combien ? 35ème !...ouf !


Je passe ma maîtrise de Finance à l’université Paris-IX Dauphine. Un diplôme en poche pour attaquer le monde du travail...
2 ans de contrôle de gestion, une année dans une multinationale en tant que commercial, mais je n’ai qu’un rêve : être journaliste et suivre les courses cyclistes. J’entre à Vélo Magazine, où je m’occupe de la petite rubrique "Résultats". On finit par me confier mes premiers reportages sur le terrain (une interview de Gilbert Duclos Lassalle pour sa fin de carrière). Je continue de pédaler régulièrement. Ici, en compagnie de Patrick Lafayette - mon rédacteur en chef - à l’Alpe-d’Huez, quelques minutes après l’arrivée de l’Etape du Tour 1995 où je me classe 128ème sur 5000 participants.

J’écume les cyclosportives, à la découverte de régions et de pays...Assis, je m’attaque aux pourcentages redoutables du "Mur" de la Vélomédiane Claudy Criquielion.

En 1999 je tente l’aventure italienne. Je m’installe à Vercelli, dans le Piémont, entre Turin et Milan, pour travailler comme correspondant sportif. RTL et Le Parisien sont mes premiers employeurs. Radio France Internationale, la RTBF, la Radio Suisse Romande, Le Soir de Bruxelles et Le Temps de Genève s’y ajouteront. La première année, en 1999, Giuseppe Saronni m’engage aussi comme attaché de presse de l’équipe professionnelle italienne Lampre-Daikin, où courent Franco Ballerini et le champion du monde Oscar Camenzind. Hélas, je comprends bien vite que les coulisses de mon sport préféré sont gravement polluées. J’abandonne mon poste dès le mois d’août et j’arrête le cyclisme, écoeuré. Je donne même mon vélo à un ami. De 1999 à 2006, j’aurai le privilège de suivre 4 Tours d’Italie et 6 Tours de France avec l’accréditation de journaliste. Des occasions d’approcher des coureurs et des personnalités du monde du cyclisme mondial : Axel Merckx, Hein Verbruggen (le jour du blitz des carabiniers sur le Giro (à Sanremo, en 2001), Michele Bartoli, Tom Boonen...




Je rachète un vélo à mon ami Maurizio Fondriest (champion du monde de cyclisme à Renaix en 1988) au printemps 2003, dans son magasin de Cles (Trentin). Je lui en reprendrai un autre, rouge, 2 ans plus tard avec lequel je courrai de nombreuses épreuves cyclosportives, comme la Granfondo Alto Adige (avec les difficiles Passo Giovo et Passo Pennes).



J’ai la chance de rouler avec Paolo Bettini lors d’une journée "Portes ouvertes" aux journalistes organisée par Quick Step en Toscane.


Septembre 2003 : mon premier grand voyage à vélo. Je rends les clés de mon appartement de Bergame en Lombardie, et je pars rouler sur les rives du Danube, de la Forêt Noire à la Mer Noire, 3500 km le long du fleuve mythique qui traverse les Balkans. Le carnet de route a été publié dans le livre "Il mio Danubio", édité en Italie par Ediciclo.

2004, je continue mes pérégrinations vélocipédiques en effectuant le Tour de l’Italie en longeant la côte de Vintimille à Trieste, je passe par la Calabre et les Pouilles, plus de 3000 km sur les côtes du Belpaese. Reportage publié par la revue italienne "Airone".

2005 : L’Italie du Nord au Sud, voyage vertical dans la Péninsule de Biella, au pied des Alpes, à Policoro le long de la mer Ionienne. Reportage publié par "Qui Touring", revue du Touring Club italien.
2006 : Le Tour de la Sicile, de Messine à Castelvetro, en passant par Catane, Siracuse, Caltagirone, Caltanissetta, Agrigente. Parfums et ambiances d’une des îles les plus fascinantes d’Europe. Reportage publié par la revue italienne "Airone".
Entre temps, je me spécialise dans la lutte contre le dopage. J’enquête sur des réseaux, j’interviewe la brigade des stupéfiants italienne et d’importants magistrats. Suite à un article sur le coureur italien repenti Filippo Simeoni, Lance Armstrong porte plainte contre moi. Le juge d’instruction le déboutera.
En 2006, une phrase de Tom Boonen change ma vie. Au soir d’une étape pyrénéenne, il déclare face aux micros des journalistes : "aujourd’hui, une personne normale aurait terminé à l’hôpital". Que voulait-il dire ? Qu’il faut être un surhomme pour participer au Tour ? Que le Tour abîme la santé ? Qu’il faut se doper pour finir la Grande Boucle ? A partir de juillet 2006, une idée tournera dans mon esprit comme dans un shaker : tenter de courir le Tour de France un jour avant les pros en étant contrôlé médicalement et par l’antidopage. Je viens de terminer 22ème du Marathon des Dolomites (6000 coureurs étaient au départ) et j’ai envie de me battre pour ma conception pure du sport, pour un cyclisme transparent et vrai... Une autre vie commence...pédaler et écrire.

2007 : Le Tour de France à l’eau claire. Le même parcours et les mêmes étapes que les pros, courues à deux sur route ouverte à la circulation, avec Fabio Biasiolo, cycliste amateur italien (10 participations à la Race Across America), la veille du passage du peloton. Huit contrôles antidopage diligentés par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) ont attesté la validité de cet incroyable défi. Le médecin qui m’accompagnait 24h/24 a détaillé les conclusions physiologiques de cette expérience dans sa thèse de médecine du sport déposée au CHU de Toulouse.

Moyenne générale : 29 km/h.
Mes articles quotidiens étaient publiés dans le journal Le Monde.
Le livre "L’Autre Tour ou le Tour à l’eau claire" raconte cette aventure sur les routes de France et détaille tous les relevés médicaux ainsi que le suivi nutritionnel étape par étape. Livre disponible dans la boutique du site.

2008 : Tour d’Italie + Tour de France + Tour d’Espagne ! Le parcours intégral des 3 Grands Tours nationaux, toujours 24h avant le peloton des pros. Un total de plus de 11 000 km, avec les cols les plus durs d’Europe au programme. Cette fois en solitaire. Sans massage, sans mécanicien. Une folie. L’Union Cycliste Internationale (UCI), partenaire du projet, m’a contrôlé dans le cadre du programme ADAMS pour démontrer la transparence de ce projet.


Moyenne générale finale : 30,2 km/h
Le livre "Brouillard sur l’Angliru", disponible dans la Boutique du site, dévoile les coulisses de ce challenge relevé et permet de me suivre jour après jour sur les routes des trois grands tours.

2009 : Tour du Monde en 80 jours. Sur les traces de Phileas Fogg, héros de Jules Verne. 13 500 kilomètres à travers l’Europe, l’Inde, l’Australie et les Etats-Unis, soit 69 étapes de plus de 200 kilomètres avalées les unes après les autres, quatre fois le Tour de France avec 4 jours de repos seulement ! Le roman est devenu réalité. Un voyage inoubliable, magnifique et terrible, rempli d’émotions et de rencontres.


Tous mes articles relatant l’aventure ont été publiés du 11 juillet au 26 septembre 2009 en dernière page du journal Le Monde. Le livre, édité chez Arthaud Poche, est disponible sur la Boutique de mon site.

2010 : Mon Tour En France : 3600 kilomètres de la Corse au centre géographique de la France, en escaladant les cols des Alpes, du Jura, d’Alsace et des Vosges, avant de traverser le Nord et de basculer sur la façade atlantique. 29 étapes, plus de 40 000 mètres de dénivelé, un voyage au coeur de l’Hexagone, de petit village en petit village, sur des chemins de traverse, afin de prendre le pouls du terroir de notre pays (chronique quotidienne publiée par le journal Le Monde pendant tout l’été.

En 2011 ? Moonrider. Comprenez + 400 000 m de dénivelé positif sur plus de 200 cols en Europe en 7 mois et 13 jours, soit un dénivelé moyen de +2300m par jour d’entraînement.

2012 / 2013 : HIGHROADS, rencontre avec la très haute altitude et l’effort en hypoxie (manque d’oxygène). Le défi : grimper à vélo la plus haute route praticable de chaque continent. Je suis monté jusqu’à 5602 m dans l’Himalaya (Inde), un souvenir impérissable, quelle aventure !

2013/ 2014 ? Encore un peu de patience...on va s’amuser ;)
Cliquez ici pour télécharger flash player
Extraits :
"Boum, boum". Ce n’est pas le rythme du tam-tam des galères d’antan, mais les coups sourds de mon coeur qui bat la mesure en remontant la Valtellina, une vallée airbag entre les montagnes italiennes et suisses. Mes jantes claquent dans l’air printanier. Mains en bas du cintre. Fréquence de pédalage, 95 tours/minute...(17ème étape du Giro 2008)...











